Livrant le discours du chef du gouvernement, le ministre de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a souligné la nécessité de réexaminer le récit de l’histoire nationale, « non pas telle qu’elle fut écrite par les plumes biaisées et mensongères de l’oppresseur et envahisseur français, mais telle qu’elle a été vécue, éprouvée et transmise par la mémoire vive de notre peuple ».
Pour le gouvernement, la commémoration de Kiidiga constitue ainsi une occasion de réhabiliter la mémoire des combattants qui ont résisté à la conquête coloniale, mais aussi de transmettre leur héritage aux générations actuelles.
Armés de sagaies, d’arcs et de flèches, les résistants avaient affronté des troupes équipées d’armes à répétition. Selon le ministre de la Culture Kiidiga, qui signifie en mooré « le lieu où il y a eu trop de morts », « ne fut pas une défaite », mais « le baptême de feu d’un peuple qui refusait la fatalité de la domination ».
Cette résistance s’inscrivait dans le refus de la conquête coloniale opposé par le Riungu de Boussouma, sous l’autorité du Dîma Naaba Koom, en alliance avec le Mogho Naaba Wôbga de Ouagadougou, a expliqué le ministre.
Dans cette dynamique de réappropriation de l’histoire, une mission d’inventaire scientifique et patrimonial conduite du 27 juillet au 3 août 2026 par les équipes du ministère de la Culture, en collaboration avec l’Association Académie royale Kéoogo de Boussouma, la chefferie coutumière et des enseignants-chercheurs, a permis d’identifier 15 sites majeurs répartis dans neuf localités.
Ces sites, qui témoignent de la résistance à la conquête coloniale, forment, selon le ministre, « un réseau structuré ». Ils ont été inscrits, avec Kiidiga, à l’inventaire national du patrimoine culturel.
Les ministres et les notabilités coutumières ont procédé au dévoilement de la plaque commémorative du site, matérialisant ainsi la volonté des autorités de préserver et de valoriser ce pan de l’histoire nationale.
Évoquant la politique de « décolonisation des esprits » impulsée par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, le ministre de la Culture a présenté la valorisation de Kiidiga comme « un acte de défense nationale ».
Il a établi un parallèle entre les combattants de 1896 et les Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) engagés dans la défense du territoire national, soulignant la continuité du combat pour la souveraineté du Burkina Faso.
Le gouvernement a également appelé la jeunesse de Mané, de la région des Koulsé et de l’ensemble du pays à s’inspirer du courage de ses ancêtres, à se montrer digne de leur héritage et à constituer des « remparts sans faille » pour la patrie. Le ministre l’a exhortée à rejeter « la division, la manipulation et la lâche désertion ».
En marge de la cérémonie, le Dîma Sigri de Boussouma a offert des présents à la délégation gouvernementale et au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, en signe de soutien à la lutte contre les groupes terroristes.
Agence d’information du Burkina
NAK/yos

