5 nov. 2026, 15:21

Burkina Faso : Une mission gouvernementale au Mali pour organiser le rapatriement des jeunes refoulés de Guinée

Des milliers de jeunes burkinabè exerçant dans le secteur de l’orpaillage ont été refoulés de Guinée-Conakry. Selon la RTB, dans son journal télévisé du 4 novembre 2026, ces jeunes ont trouvé refuge à l’ambassade du Burkina Faso au Mali. Une mission gouvernementale s’est rendue sur place pour leur apporter assistance et réconfort, en attendant leur rapatriement.

Conduite par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, la délégation gouvernementale est allée s’enquérir de la situation de ces jeunes et leur témoigner le soutien des autorités burkinabè. Elle a également pour mission de préparer leur retour au pays dans des conditions dignes et sécurisées.

« C’est à la suite de la situation à la frontière entre le Mali et la Guinée, où nos compatriotes sont refoulés depuis 72 heures, que nous avons été mandatés par le camarade président du Faso et le Premier ministre pour venir non seulement évaluer la situation, identifier les différents problèmes et apporter l’assistance nécessaire à nos compatriotes, mais aussi voir dans quelle mesure organiser leur rapatriement dans des conditions dignes et décentes », a expliqué le ministre.

Selon Mahamadou Sana, les autorités maliennes avaient déjà pris des mesures d’urgence pour apporter une assistance humanitaire aux jeunes Burkinabè.

« Une centaine de bus ont été mobilisés, dont 50 sont déjà en route sur le territoire malien, afin que nous puissions organiser ce rapatriement dès demain », a indiqué le ministre.

Il a également précisé que des sites d’accueil avaient été identifiés sur le territoire burkinabè pour faciliter le retour de ces jeunes dans leurs familles respectives.

S’agissant des circonstances ayant conduit à cette situation, le ministre de la Sécurité a exprimé ses regrets, qualifiant les événements de déplorables.

« Cette situation est malheureusement fort déplorable et regrettable, parce qu’une telle opération ne peut être déclenchée sans une planification. Qui parle de planification parle aussi d’évaluation des conséquences et des implications. En aucun cas, ni les autorités maliennes ni les autorités burkinabè n’ont été informées de cette opération. Toute chose qui n’a pas permis d’anticiper sur ce qui se passe actuellement », a-t-il déclaré.

Le ministre a par ailleurs fait état de blessés parmi les ressortissants burkinabè, certains ayant été touchés par balles.

« Ce qui nous remonte, c’est que nous avons enregistré des blessés, parfois par balles, ce qui laisse croire que nos compatriotes ont subi des traitements cruels, inhumains et dégradants. En tant que pays frères, c’est regrettable », a-t-il déploré.

En rappel, le gouvernement guinéen a annoncé, le 2 novembre 2026, la suspension de l’exploitation artisanale de l’or dans plusieurs localités du pays, ainsi que le déploiement des forces armées dans les zones concernées.